Un Thourisien voyageur de retour de Kirghizie - Ouest France

Ouest France
Date de parution: 
Samedi, octobre 27, 2018
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Un Thourisien voyageur de retour de Kirghizie

Victor est hébergé chez l'habitant, dans une yourte.

Victor est hébergé chez l'habitant, dans une yourte. 

Il revient d'un circuit dans le pays aux sommets vertigineux. C'est grâce à la bourse Zellidja qu'il a pu partir. La fondation existe depuis 1939 et milite pour l'égalité des chances !

Les gens d'ici

Les voyages forment la jeunesse, personne ne contredira ce proverbe. C'est dans cet esprit que Jean Walter, architecte et industriel, a créé la fondation Zellidja. Il voulait donner à des jeunes gens l'opportunité de vivre une expérience d'autonomie qui favoriserait leur réussite professionnelle.

Bien au fait, Victor, un bac en poche, monte son dossier, le dépose en ligne et est sélectionné après un oral. Il part ainsi en Kirghizie avec 700 € en poche. « Ils m'ont permis d'acheter un billet d'avion et de vivre sur place, sachant que j'étais hébergé quand je faisais du woofing dans des fermes. » (Le Woof est un réseau mondial de fermes biologiques accueillant des personnes en échange d'un coup de main.)

Étudier l'agriculture

Dans ce pays enclavé, entre l'Ouzbekistan, le Kazakhstan, le Tadjikistan et la Chine, composé exclusivement de montagnes, avec plusieurs sommets à plus de 7 000 m, il a choisi d'aller étudier les différents modes d'agriculture. « Je voulais comprendre comment la population nomade s'en sortait malgré des conditions extrêmes, jusqu'à -40C° l'hiver. L'été, les animaux vont dans le jailoo (alpages) où l'on retrouve un fourrage de qualité. Dans la plaine, ils cultivent l'orge, l'avoine. Les récoltes sont maigres mais bien utilisées. Ils fabriquent leur farine et font beaucoup de conserves d'abricots sauvages, de framboises et autres fruits rouges. Ils récoltent aussi du miel et cultivent beaucoup de patates. »

Passionné de montagne, Victor a profité de ce voyage pour faire quelques randonnées, au cours desquelles il a connu quelques frayeurs. « Un jour, on s'est retrouvé encerclé avec ma jument par des chevaux sauvages, on a fini dans une rivière. Une autre fois, je me suis fait tirer dessus près d'une frontière, on m'a probablement pris pour un islamiste qui essayait de rentrer, j'ai eu chaud. » Dans ce pays musulman, on se méfie des extrémistes.

 

De retour en France, Victor doit maintenant remettre son rapport de voyage, composé d'un mémoire sur son sujet d'étude, d'un carnet de route ainsi que d'un livre de compte. Il va également profiter de Thourie, où sa maman vient d'emménager, avant de repartir vers de nouvelles aventures : « Le plus loin possible, mais sans prendre l'avion », déclare Victor, qui tient à voyager écolo.