Continent: 
Europe
Type de Voyage Z: 
Bourse Z
Rapport image et son (audiovisuel): 
oui
Marie
,
2019
,
.
.
PA
Italie

Sujet d'étude: 
L’immigration et les formes d’intégration des migrants dans la société sicilienne

Entreprendre un voyage Zellidja, c’est accepter être pendant un moment un nomade, un vagabond, un migrant. Terre d’immigration, la Sicile clame son hospitalité légendaire et son ouverture mythique. J’ai cherché à vérifier les faits, parler avec ceux et celles qui étaient atterris-es par chance ou malchance sur l’île. Ayant aussi débarqué ici, ne connaissant personne, j’ai pu faire l’expérience frontalement de cette « ouverture ». On ne peut nier qu’à Palerme, les relations sont différentes. Même si elle reste une grande ville, et donc plus anonyme qu’un village, les gens se croisent sans s’ignorer. Dans la rue, ils s’arrêtent, parlent, se sourient et continuent leur route. Ainsi, je n’eus aucune difficulté à rentrer en contact avec quelqu’un. Lorsque je me suis rendue, durant les premiers jours de mon voyage, à une manifestation associative organisée par Arte Migrante, tout le monde c’est montré accueillant et prêt à m’aider pour mon projet. Ce jour-là, j’ai rencontré Amadou, et sans me connaître, il m’apporta une grande aide dans mes recherches et m’accompagna durant tout mon temps passé à Palerme. Je fis la connaissance d’activistes de l’association ; Laura, Emmanuela, Giorgia, Giuseppe ; qui me firent entrer dans le réseau associatif de Palerme. C’est à partir de ce premier rendez-vous que mon aventure commença véritablement.

En poursuivant mon itinérance dans la città pendant presque deux semaines consécutives, j’ai appris à me familiariser avec elle et ses coutumes, sa vie nocturne et surtout ces habitants. La magie du voyage seule, c’est qu’on ne rencontre jamais la solitude sur notre route. En un mois, je n’ai jamais autant parlé et débattu. Mon aventure fut humaine et les échanges les plus bénéfiques sont venus de la rue. Sur une place, sur un banc, à la sortie du marché, à Ballaro, à Santa Chiara, les choses arrivaient comme cela, il n’y avait rien de réellement formel, ce n’étais pas des interviews mais des discutions. Grâce à Amadou, je me suis constitué rapidement un petit cercle d’amis qui m’ont livré leur histoire, leur traversée, leur vie là-haut et leurs difficultés ici. Bath, Ibrahim, Saloum, Saïd, Modou, Eram...Venant de Gambie, Niger, Sénégal, Cote d’ivoire, Egypte, Libye… J’ai voyagé à travers eux, de l’Afrique jusqu’en Italie. C’était plus souvent la nuit, lorsque la chaleur étouffante s'est apaisée, que les confiances étaient de sortie. J’ai passé donc beaucoup de temps à échanger et débattre avec ces personnes que je rencontrais, le fait que nous parlions soit français soit anglais (deux langues officielles dans beaucoup de pays d’Afrique), favorisé l’interaction. Ces discutions furent mes plus belles découvertes et chaque parole changea ma perception des choses et des détails qui m’étaient jusqu’à lors invisibles. J’ai appris à écouter, à me taire et à être attentive.